• La rébellion libyenne se prépare à lancer une grande offensive vers Tripoli

     La rébellion libyenne se prépare à lancer une offensive majeure sur le front ouest avec l'objectif d'être à coup de canon de Tripoli, bastion du régime de Mouammar Kaddafi, remontée par le parachutage d'armes françaises et des frappes accrues de l'Otan.

    Parallèlement, le président sud-africain Jacob Zuma devait s'entretenir en Russie avec le groupe de contact international sur la Libye, à l'invitation de la Russie en tant que membre du comité ad hoc de l'Union africaine (UA) sur la Libye, selon les Affaires étrangères à Johannesburg.

    Ces développements surviennent au moment où une solution négociée du conflit semble dans l'impasse, les protagonistes campant sur leurs positions près de cinq mois après le début du conflit lancé le 15 février par une révolte contre M. Kaddafi, qui refuse de quitter le pouvoir qu'il accapare depuis 42 ans.

    Ils ont lieu au surlendemain du sommet de l'UA en Guinée équatoriale qui a adopté un accord-cadre prévoyant d'écarter M. Kaddafi des négociations, tout en refusant de coopérer à l'exécution du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre le leader libyen pour crimes contre l'humanité.

    Être à portée de canon de Tripoli

    Alors que les rebelles ont gagné du terrain dans les combats sur le front Ouest, le porte-parole militaire rebelle, Ahmed Omar Bani a affirmé que les insurgés se préparaient à une offensive majeure dans les 48 heures pour reprendre des secteurs au sud de Tripoli.

    Les insurgés cherchent notamment à reprendre Bir Al-Ghanam, un carrefour stratégique à quelque 50 km au sud de Tripoli, afin d'être à portée de canon de la capitale libyenne.

    "Dans les deux prochains jours, de nouveaux développements auront lieu sur cette ligne de front", a déclaré le porte-parole à Benghazi, fief de la rébellion dans l'Est, affirmant que les insurgés voulaient pousser la ligne de front plus vers le nord, en direction de Tripoli.

    Après avoir été acculés à se retirer de la région de Bir Al-Ghanam dans les montagnes de Nefoussa, les rebelles veulent de nouveau s'emparer de ce carrefour visé vendredi par l'aviation de l'Otan. Deux véhicules blindés des pro-Kaddafi y ont été détruits.

    En plus de cet appui aérien, les rebelles des montagnes berbères de cette région ont récemment reçu des armes parachutées par la France.

    intensification des bombardements

    L'Otan, qui a pris le 31 mars le commandement des opérations militaires de la coalition internationale lancées 12 jours plus tôt, a annoncé avoir intensifié ses bombardements dans l'ouest, détruisant une cinquantaine d'objectifs militaires pendant la semaine.

    Dans le même temps, l'alliance atlantique a poursuivi ses raids sur Tajoura, la grande banlieue est de Tripoli. Une manifestation a été organisée samedi près des bureaux des Nations unies dans la capitale où quelque 300 enfants ont dénoncé "l'incapacité" de l'ONU à "arrêter la machine de guerre contre les civils".

    Dans une nouvelle tentative de trouver une issue négociée au conflit, une rencontre devait réunir dans la journée en Russie M. Zuma avec les représentants de l'ensemble des membres du groupe de contact sur la Libye, selon les autorités sud-africaines. Moscou n'a pas confirmé cette réunion.

    Fin mai, Jacob Zuma, mandaté par l'UA, avait tenté une médiation auprès de Mouammar Kaddafi qui s'était soldée par un échec.

    Le groupe de contact sur la Libye comprend tous les pays participant à la campagne de l'Otan. Sa dernière réunion s'est tenue le 9 juin à Abou Dhabi.

    Jacob Zuma avait participé au sommet africain de Malabo qui avait adopté un texte qui doit servir de base à des négociations futures entre les parties libyennes, mais les rebelles ont persisté à conditionner un départ de M. Kaddafi avant tout accord.

    La Russie avait également tenté une médiation auprès de la rébellion et du régime libyen. Le président russe Dmitri Medvedev avait dit qu'il était temps pour M. Kaddafi de partir mais Moscou a aussi protesté contre l'intensité des raids aériens de l'Otan.

    Depuis le 15 février, le conflit a fait des milliers de morts et poussé à l'exode des centaines de milliers de personnes, selon des agences de l'ONU.

     

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